19 septembre 2007
Je vous déclare unis par les liens de la science
Au terme d'un long travail, d'une grande douleur, un docteur est né (ès sciences) (je sais, ça le fait moins), il pèse un bon peu ma foi, il est sorti maquillé, en robe noire, à croire qu'il y avait eu le temps de faire les boutiques avant d'arriver, fait pas encore ses nuits (le stress de la naissance sans doute), il pleure un peu mais fait risette tout le temps. Les parents sont heureux, ils ont même pleuré et les medecins semblent être confiants pour l'avenir de la petite.
Cela dit, une soutenance de thèse est plus proche du mariage que d'une naissance (dans les deux cas, notez, il y a une liste), habillée pour une cérémonie (j'ai hésité à porter une traîne) je suis arrivée au bras de mon père, qui, la larme à l'oeil, m'a laissé devant les maîtres de cérémonie et a rejoint ma mère, coiffée d'un chapeau à plumes, au premier rang. J'ai fais un discours de 35 minutes relatant la force de mon amour (de la science), j'ai juré fidélité (à l'INSERM), j'ai répondu aux questions des prêtres (c'était un mariage eucuménique: CNRS, INSERM, NIH, etc..) et finalement, après m'avoir demandé à l'assistance de se lever, ils m'ont déclaré unie à la science par les liens du doctorat, et m'ont enjoint à embrasser... les membres du jury.
Le champagne a coulé à flot, les souhaits de bonheur pour la suite ont fusés, et je me suis cassée la voix en remerciant mille fois tout le monde d'avoir répondu présent.
Un repas au restaurant à cloturé la fête, autour de la table se sont mélés gaiement amis, famille, jury et autres scientifiques.
Pour finir j'ai expliqué à des amis que maintenant, en tant que docteur, je ne pouvais décemment plus leur adresser la parole, et ils m'ont gentiment répondu que, eux, n'adressaient pas la parole aux chômeurs...
Ainsi être docteur mène au chômage, paraît toute façon qu'on travaille pour la gloire et pas pour l'argent, moi je travaille pour le sac chanel que je veux m'acheter d'ici quinze jours, donc envoyez des sioux, écrivez à l'ARC.
Dr. Cherry
31 août 2007
Je divague et vous avez l'honneur d'en subir les conséquences
Lettre à un inconnu.
Inconnu à la peau laiteuse.. Ah ne vous y trompez pas, je ne parle pas du prince charmant puisqu'après d'intenses réflexions avec une amie, nous sommes arrivées à la conclusion que je celui n'est plus, feu le prince donc, et que sa dépouille git dans le formol au muséum d'histoire naturelle et que c'est cette salope d'Eve qui se l'est tapée. Non, Inconnu, je sais que tu n'es pas le prince charmant. Car dans la mythologie, celui-ci est parfait, et, Inconnu, tu ne l'es pas; Dieu t'en garde, du reste.
Voyez vous cette lettre est pour un inconnu. J'imagine assez bien qu'il pourrait émettre des doutes sur ma valeur ajoutée : par exemple, si Inconnu tu es littéraire jusqu’au bout des ongles, alors tu douteras certainement de mon aptitude à aligner plusieurs mots pour en faire une phrase qui se tienne, avoir des pensées plus intéressantes que les encarts dans Pif et Hercule, puis aussi d'être capable de t'aimer à toi, bref, il me semble que tu as misé sur moi tout en te disant que sans doute je ne serais pas à la hauteur. J'ai bien l'impression, c'est vrai, que, Inconnu, tu échelonnes les gens, que tu pourrais bien être atteins de snobisme, aussi parce que tu t'en défends, et tu sais, souvent, ça, c'est louche. En tout cas, si vraiment tu as dans l'idée de me mettre un jour, comme un dimanche, à l'épreuve, et que j'ai le malheur pour toi de m'en rendre compte, la première chose que je ferais sera de te remettre à ta place, ou bien de paraître encore plus stupide que tu pourrais l'imaginer, pour surtout être sûre que tu n'obtiennes rien de moi qui puisse te permettre de me connaître, car j'ai une estime de moi-même si grande que je n'admettrais jamais qu'on puisse me dénigrer pour finalement être surpris par une valeur que je pourrais prendre à tes yeux stupéfiés, finalement. Non, moi il faut m'aimer tout de suite ou jamais. Il faut me voir telle que je suis sans se tromper, une erreur sur mon sujet est impardonnable et je ne sais pas pourquoi je suis aussi dure, mais c’est ainsi, et peut être avec l’âge je m’adoucirai.
Je suis prétentieuse, je le sais, mais tu vois, j'ai tellement été seule, que je me suis gardée moi-même comme un petit trésor dont j'étais la seule à profiter puisque les autres semblaient n'y voir qu'une enfant ou adulte écervelée et éparpillée, bref sans aucun sens.
Peut être je n'ai pas de sens, mais peut être que rien n'a de sens, ni la vie, ni les lois, ni la science si exacte.
Peut être que je n'ai pas de cohérence, que mon moi-même n'est qu'un amalgame des environnements dans lesquels j'ai baigné, des gens dont j'ai toujours pris certains de leurs côtés comme une plus value à mon trésor, des idées que j'ai sur les choses et qui sont contradictoires entres elles, que je suis faite des contradictions qu'on a imprimé en moi, en m'aimant mais en me faisant du mal, en ne m'aimant pas mais pourtant en me donnant milles choses que j'ai en moi mais qui ne résonnent pas avec ce que je suis au fond.
Peut être je suis un mélange incohérent mais j'emmerde profondément quiconque qui pensera que je suis cela et que c'est absurde, mais comme disait l'autre, l'absurdité c'est quelque chose qui n'est pas conforme à sa propre réalité et je n'ai pas envie d'être conforme à la réalité triste de la plupart des gens que je croise. Peut être donc qu'effectivement j'ai des Helen Fielding sur mes étagères, que Harry Potter 4 fait la guerre aux Lettres à Miléna, mais vois-tu, Inconnu, cette guerre m'amuse et donne à mes étagères quelque chose qui me réjouit profondément.
Libre donc à toi de venir vers moi confiant, en misant sur moi la même chose que ce que je suis prête à mettre sur le tapis, c'est-à-dire à peu près tout, puisque tu vois, malgré le chemin chaotique sur lequel je me suis bien abîmée, je crois toujours que tout reste possible.
Pour te plaire, ou pour avoir un peu de toi que j'ai hâte de voir, j'ai acheté plein de livres, dont un Proust, puisqu’il me semble que tu aimes Proust.
Alors j'ai acheté Du côté de chez Swann. J'ai avalé les trente première pages et je comprends qu'il ait pu être encensé, adoré, et placé dans la catégorie ultra selecte des chefs d'œuvres phares d'un siècle tout entier.
J'ai aussi commencé La contrebasse de Suskind, pour comprendre et avoir une parcelle de mon ami Philippe, qui aime beaucoup ce monologue.
J'ai dévoré toute la nuit Le parfum, du même auteur, en réalisant qu'il s'agissait de l'histoire d'un sombre meurtrier fou j'ai bien failli arrêter la lecture, car j'ai l'âme fragile et je rentre si fortement dans les histoires, qu'ensuite elles viennent longtemps me perturber, jusqu'à se mêler à ma réalité, qui n'en est donc plus une; mais Grenouille est talentueux et c'est formidable à lire, donc je continue, et reste désarmée face à mon appétit de lire qui me laisse à 2h du matin pleine de remords, car voyant l'heure si tardive je sais que je ne serais pas en mesure de me lever de bonne heure le lendemain pour travailler, puisque je n'ai pas de volonté pour lutter contre les bonnes choses, même si je risque les foudres de nombreuses personnes, notamment un jury de thèse qui me demandera ce que j'ai bien pu faire des journées précédentes, certainement pas travailler au vu de la mauvaise qualité des réponses que je donne à leurs questions.
Dans ma réalité, je leur raconterais Grenouille, les particules d'odeur, je leur raconterais les parfums et alors ils seraient captivés et s'excuseraient de leur remontrance stupide, due simplement à leur ignorance, qu'un tel roman pouvait exister, et moi de leur promettre de leur faire parvenir un exemplaire au plus tôt.
Tu vois, aussi, je sais que ma manière d'écrire est médiocre, que mes phrases ne sont pas harmonieuses, que tu serais certainement dépité en les lisant, que j'ai l'air d'utiliser des mots compliqués pour essayer de te prouver que je ne suis pas ignare, alors que simplement imaginer que je puisse moi aussi aimer fort les mots te semble impossible.
J'écris peu, je lis peu. Du coup je fais des fautes.
Je n'ai pas de mémoire pour les dates et les gens qui ont fait l'histoire du monde, j'aime pourtant l'Histoire, mais je ne me souviens pas toujours de ce que j'apprends, car aussitôt après que j’en ai acquis la connaissance, je vois de nouvelles choses, et je délaisse alors ce que je connais déjà.
Sans doute, une chose que tu sais faire, et moi pas, c'est tirer un plaisir personnel à la lecture. Je suis passive par rapport aux livres, c'est eux qui viennent me peupler et qui font ce que bon leur semble en mon intérieur, et qui en partent quand ils sont vivement poussés en dehors par les nouveaux arrivant. Je suis donc au spectacle, la scène c'est ce que je vois les yeux fermés ou quand je ne vois plus ce qui m'entoure, quand les images procurées par les livres viennent effacer ce qui se trouve autour de moi, et ce spectacle me ravie mais n'est que de courte durée, puisqu'aussitôt le rideau baissé il se rouvre et ne me laisse pas le temps de la réflexion sur le dernier acte par exemple. Les jours ne sont pas assez long et la vie de même, et comme je préfère les images aux sons et aux mots, je préfère peindre, regarder des films, des peintures. Tu vois j'aime les images, comme les enfants. Je ne suis pas grand-chose, et je m'éteindrai un jour et le monde s'en remettra largement mais en attendant je coule des jours paisibles, je fais en sorte que mes journées soient agréables, empreintes de la magie que je veux bien imaginer dans toutes choses, que mes journées me satisfassent, qu'elles m'apportent du temps pour répondre aux questions que je me pose, réponses qui ne serviront qu'à moi-même et qu'à apprécier encore plus mon existence, qui prend un sens dans la mesure où je comprends ce et ceux qui m'entourent. Quand on comprend sans doute on est rassuré car tout reste bien cohérent, et que rien ne nous échappe. Je ne sais pas. Peut être il ne vaut mieux pas répondre à toutes les interrogations, comme cette dernière car au final on se retrouve en désagréable position.
30 août 2007
Je voudrais être à J+1
Voilà à quoi doit servir un blog: à se lamenter, se déverser, se plaindre, bougonner, râler, chouiner. Je sais, j'ai pas toujours pensé ça, mais là, vraiment ça m'arrange.
Je suis à J-18 de ma foutue soutenance de thèse.
Ce jour, je me suis remise au travail, puisque j'ai eu la bonne idée de partir en vacances, au seul moment de sa vie où c'est totalement exclu. Mais moi, voyez vous, j'ai l'esprit de contradiction, donc j'ai bullé ma race comme disent les djeunss, pendant 10 jours au soleil. Et maintenant dansez! Oui, puisque je reviens avec la désagréable sensation qu'il manquerait juste 10 jours pour être prête, mais que ces dix jours ont été utilisés à autre chose que LE TRAVAIL. Et qui est ce qui va se faire lincher par ses rapporteurs de thèse?! C'est moi!!! Normalement, je reponds gaiement et fièrement "c'est mouah!" quand on demande "c'est l'anniversaire de qui aujourd'hui? gouzi gouzi!!", et là, je réponds aussi "c'est moi", mais cette fois, avec tout l'enthousiasme du voleur de poules sur l'échaffaud.
Donc ce jour, je suis très fière d'avoir passé la journée à noter sur mon manuscrit de thèse les abbreviations. Quatre pages d'abbreviations, qui dit mieux? Ah on fait moins les malins tout de suite hein!
Il me reste donc environ 18 jours ET 18 nuits de travail, Saint Cherry priez pour moi, maintenant et à l'heure de ma mort, euh de ma soutenance, ce qui, vu d'ici, est la même chose.
Cherry-qui-joue-sur-l'autoroute.
17 août 2007
En direct du front de la science
Il y a des gens qui font de la science pour sauver leurs compatriotes d'une mort certaine. Y en a d'autres qui font de la science parce qu'ils aiment bien la couleur et la taille des microtubes à ADN, que même ils en ramènent chez eux (des propres, oh ça va) pour mettre des perles dedans, ou pour le jour où il en auraient bien besoin. Qui se sont mis dans la science par fantasme pour les blouses blanches et les lunettes transparentes, ou alors parce que vraiment la fac ç'est relou alors autant étudier l'anatomie humaine et la reproduction, zou faisons de la biologie (ceux là n'avaient pas le dictionnaire illustré, avec en deuxième de couv' deux êtres humains outrageusement nus)(bref).
Bon ben moi voyez vous je fais de la science, et je ne sais pas dans quelle catégorie me mettre.
Le fait est que je suis encore et toujours en train d'écrire ma thèse. Il faut la rendre la plus sexy possible voyez vous. J'avais découpé des photos de charme mais mon chef n'a pas voulu. Donc moi ma thèse, je l'ai faite avec des BD, si monsieur, si madame. Même qu'ils ont été sacrément impressionné, bien sûr Messieurs les membres du jury que je les ai fait moi même, tout comme les cartons d'invitation à ma soutenance avec des coeurs et fleurs autour du titre de mon sujet de thèse: "Rôle dans l'endocytose dépendante de la clathrine de deux adaptateurs associés aux complexes gna gna gna".
La thèse que l'on doit déposer à l'université doit être: belle (avec un beau plastique sur la couverture, miam miam), lisible (je me suis donc résolue à ne pas écrire en police symbol), avec beaucoup de références bibliographiques (j'en ai pioché 350 (au hasard)), et un contenu intéressant (ce qui reste un petit problème à régler).
Ensuite, il faut défendre sa thèse.
Je comptais installer un petit ring et mettre une perruque blonde avec un bandeau rouge pour catcher le premier qui me dirait "l'endocytose c'est de la merde", mais soi disant y aurait pas la place.
Donc pour la défense, j'utiliserai les mots, et je ferai plein de jeux avec, c'est en contrepétries que ça va se jouer, y a pas de raison, on défend ou pas.
Et dans le "ou pas", évidement, on notera une notion alléchante. Celle de ne pas y aller, de me faire remplacer, de changer de nom et fuir au Guatémala. Parce que cette thèse, j'ai pas envie de la défendre, car à la récrée j'ai toujours été nulle pour défendre les copines, préférant systématiquement me mettre du côté des plus forts et taper sur les plus faibles.
D'ailleurs, pour faire le moins de malheureux possible, il faut toujours taper sur les mêmes.
Je ne sais pas ce qu'il me prends, de me faire passer pour un petit monstre à deux neurones moteur ronflant, sans doute l'endocytose me monte à la tête..
Cheer(y)s
05 août 2007
Les brunes ne comptent pas pour des prunes
J+1 et tout va bien.
J'ai des neurones en plus, diront certains, car je ne suis plus bonde mais brune.
Ma chevelure me laisse perplexe.
Après les comparateurs de prix pour les machines à laver, voici le comparateur de cheveux.
AVANT
APRES




